La médecine grecque

" Je d'administrerai de poison à personne, si on m'en demande ; de même, aucune femme ne recevra de moi un pessaire abortif. Dans quelque maison que je pénètre, j'y entrerai pour l'utilité des malades, me préservant de tout méfait volontaire et corrupteur, et surtout de la séduction des femmes et des garçons libres ou esclaves. "

Une pratique religieuse

L'exercice de la médecine est intimement lié au culte du dieu de la médecine, Asclépios. Elle se pratique donc dans ses sanctuaires, dont celui d'Orchomène de Béotie, de Trikka en Thessalie, de l'île de Cos, d'Epidaure et plus tard, à l'époque hellénistique, de Pergame en Asie Mineure - cette liste n'étant naturellement pas exhaustive !
Les sanctuaires sont des lieux entretenus, situés à proximité de sources et de forêts. Ils ont fonction d'hôpitaux, et les prêtres font office de guérisseurs. Mais la médecine a un caractère très religieux, les consultations se font sous forme d'oracles… Le malade est purifié, prend plusieurs bains, jeûne ; tous ces traitements revêtent un caractère hygiénique. Après quoi il se couche sous un portique à côté du temple, et attend une manifestation du dieu guérisseur dans son sommeil. Lorsqu'il sera satisfait, se pensant donc guéri, il partira.

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Emancipation de la médecine

Elle fait véritablement apparition à la période classique.
Au fil du temps la médecine perd de son caractère divinatoire, pour devenir plus rationnelle. Ceci est symbolisé par Hippocrate, décrit tel le père de la médecine. Pourtant les médecins se targuent d'être du génos des Asclépiades, qui se considèrent descendants d'Asclépios. Ainsi, quand l'ordre des médecins s'élargira à des étrangers, c'est-à-dire non descendants d'Asclépios, il leur faudra faire le serment suivant :

" Je jure par Apollon médecin, par Esculape, par Hygie et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses, les prenant à témoin, que je remplirai, suivant mes forces et ma capacité, le serment et l'engagement suivants. "

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La médecine dans la vie quotidienne

Il y a de nombreux médecins privés. A Athènes cependant, il y a également un service de santé géré par l'Etat. Les futurs médecins sont amenés à se présenter devant l'Ecclésia. Les interventions qu'ils pratiquent sont assez élaborées ; les blessés sont pansés avec des baumes, sans aucune pratique magique. On trouve même des médecins spécialisés dans certains domaines : des dentistes, qui ont recours aux amalgames de plomb ou d'or ; des ophtalmologistes, qui effectuent des bains d'œil…


Les grandes écoles de médecine sont celles de Crotone, Cyrène, Rhodes, et surtout de Cos et de Cnide !
L'école de Cos préconisait les régimes - évitant les médicaments - contrairement à l'école de Cnide.

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Démocédès de Crotone (521/483)

Il fut médecin public à Egine, puis à Athènes. Par la suite il fut médecin de Polycrate de Samos avant d'être capturé par le roi de Perse Darius, dont il devint le médecin et le conseiller. Il le soigna, ainsi que sa femme Atossa.

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Hippocrate, père de la médecine

Hippocrate est né en 460 avant JC sur l'île de Cos. Il est issu d'une famille aristocratique, fière de ses origines et de ses privilèges religieux - une inscription des Asclépiades figure dans le sanctuaire de Delphes. Il meurt à Larissa en Thessalie, à 85 ou 109 ans. Son tombeau se situe entre Larissa et Gyrton.

Il voyagea beaucoup, notamment en Méditerranée orientale. Il fut présent à Athènes lors de la peste qui ravagea la cité au début de la guerre du Péloponnèse. Puis il s'installa à Cos. Il enseigne la médecine moyennant salaire.
Socrate et Platon le tenaient en grande estime. A la fin du Ve siècle, Hippocrate est devenu aussi célèbre que Polyclète d'Argos ou Phidias d'Athènes en tant que sculpteur !

Selon lui, la chaleur innée est la force interne du corps humain. Il faut donc rechercher l'origine des maladies dans des changements d'air et de saison. C'est le déséquilibre des quatre humeurs - sang, phlegme ou pituite, bile jaune et bile noire - qui provoque la maladie. Il rejette les croyances selon lesquelles les maladies seraient dues à des dieux ou des démons. Il débute également une classification des maladies.

Il eut vraisemblablement deux fils, Thessalos et Dracon, qui furent également ses disciples. Ainsi, en 413, lors d'un conflit qui opposait Cos à Athènes, en dépit de ce qui semblerait la logique, Cos choisît Hippocrate comme représentant, alors que celui-ci vivait en Thessalie. Hippocrate envoya son fils Thessalos à sa place, afin d'apaiser la querelle.

Mais le rayonnement d'Hippocrate dépasse le monde grec : le roi de Perse, Artaxerxès, lui propose de s'installer à sa cour, mais il refuse par patriotisme - pourtant cela s'était déjà produit auparavant ; le peuple barbare Ilyrien, ravagé par la peste, demande son aide, mais une fois encore il refuse, par mépris des Barbares. Hippocrate se servît néanmoins des informations qu'ils lui donnèrent, pour combattre la peste lorsqu'elle atteignit le peuple grec. Il envoya Dracon en Hellespont et Thessalos en Macédoine, avant de se rendre lui-même à Athènes, en passant par la Doride, la Phocide et la Béotie. En récompense il reçut une couronne d'or de la part d'Athènes, qui lui est remise au théâtre de Dionysos, et est initié aux mystères d'Eleusis.

De nombreuses légendes l'entourent : on dit qu'il aurait été contraint de quitter Cos pour avoir brûlé la bibliothèque concurrente. Il aurait été invité par les Abdéritains à soigner la folie du philosophe Démocrite.

Après sa mort, les nourrices prirent l'habitude d'appliquer du miel sur sa tombe et d'en frotter ensuite les lèvres des bébés pour les guérir.


" La vie est courte et l'art est long. "

Sa pratique ne fait que synthétiser la somme des observations des générations précédentes, accumulées pendant des décennies. Mais c'est parce qu'Hippocrate fait passer la médecine à un autre statut, à celui d'art de la médecine, qu'il est considéré comme son père.

Son œuvre est regroupée dans la collection hippocratique, qui comprend une soixantaine d'ouvrages. Ces documents correspondent en fait au savoir de l'école médicale de Cos. Hippocrate n'est vraisemblablement pas l'unique auteur, et cela explique certaines divergences.

Ses connaissances sont basées sur l'observation, aucune dissection n'est réalisée sauf celle des animaux. Les connaissances en chirurgie sont donc limitées. De fait, Hippocrate ne cite pas le cœur pour le système sanguin - mais distingue en revanche les veines, canaux conducteurs du sang, des artères, véhiculant l'air - et il croit en l'existence de sperme féminin. On pratique la trépanation

Tout est basé sur la notion de nature (physis). La maladie s'installe à cause d'un déséquilibre, c'est-à-dire la prédominance d'un élément, et le médecin est en charge de rétablir l'équilibre en faisant jouer les éléments contraires. D'où la pratique de l'allopathie, traitement des maladies avec des remèdes produisant des effets contraires à ceux de la maladie.

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Evolution de la médecine

Le pythagoricien Alcméon(520/450) pratique la dissection sur des animaux et découvre les nerfs.

La médecine se perfectionne à l'époque hellénistique avec Hérophile de Chalcédoine, disciple de Praxagoras et d'Erasistrate de Céos. Mais ils sombrent dans le dogmatisme, d'où l'émergence d'une école empirique qui se contente de décrire les maladies.

Erasistrate est le médecin du roi Séleucos Nicator. Il s'oppose à la médecine hippocratique, à la pratique de la saignée, à la théorie des humeurs. En anatomie, il distingue les nefs moteurs des nerfs sensitifs ; il décrit le cœur avec exactitude ; il souligne l'importance du cerveau, dont il remarque les circonvolutions.

Hérophile s'installe à Alexandrie sous Ptolémée Sôter, où il fonde une école de médecine - d'observation et d'expériences - avec Erasistrate. Il établit l'anatomie de l'œil et du foie, grâce à la dissection de cadavres, et mets en évidence l'importance du pouls pour le diagnostic.

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