La mise en place du Christianisme dans l'Empire romain

L'origine du Patriarcat d'Alexandrie remonte, d'après la Tradition, à saint Marc qui fut martyrisé en 62 après JC pour avoir protesté contre le culte de Sérapis. Toutefois le Christianisme ne commença à devenir proéminent que vers le troisième siècle. Les intellectuels grecs étaient alors considérés comme une menace contre l'Empire romain, qui diffusait alors le Christianisme.

La proclamation de la tolérance envers les chrétiens par l’empereur Constantin est l’événement majeur du IVe siècle. Pourtant le siècle avait commencé avec une très violente persécution : destruction des lieux de culte, arrestations, obligation de sacrifier aux dieux sous peine de mort ou de déportation dans les mines. Les persécutions atteignirent des niveaux sans précédents durant l’« époque des martyrs» vers 284, où on estima à 144 000 leur nombre.

Constantin régna sur l’Empire romain de 324, abdication de Dioclétien (284/324), à 337.


Constantin



" Par ce signe tu vaincras. " (In hoc signo vinces)

Constantin, fils de Constance Chlore, militaire d’origine illyrienne, et d'Hélène, fut le premier empereur chrétien, bien qu’il ne se convertisse au Christianisme que sur son lit de mort en 337. Né Pagan, la tradition chrétienne a relié sa conversion au Christianisme à la bataille du pont de Milvius de 312. La veille, un songe ou une vision lui aurait annoncé qu'il vaincrait s'il faisait peindre sur les boucliers de ses soldats un signe (chrisme), dont l'exacte nature reste discutée.

Par l'édit de Milan de 313, promulgué par Constantin, chacun peut « adorer à sa manière la divinité qui se trouve dans le ciel » ; il accorde aux chrétiens la liberté de culte. Le Christianisme bénéficie ainsi des mêmes privilèges que les autres religions orientales. En fait, les cultes païens ne seront plus que tolérés. Ils disparaissent les uns après les autres. Les cultes domestiques eux-mêmes disparaissent peu à peu dès la fin du IVe siècle. Ils ne demeurent encore vivaces que dans les campagnes (paganus = paysan).

Il rendit également aux églises chrétiennes leurs biens confisqués durant la persécution.

" Nous, Constantin et Licinius, avons décidé d’accorder aux chrétiens et à tous les autres la liberté de pratiquer la religion qu’ils préfèrent, afin que la Divinité qui réside dans le ciel soit propice et favorable aussi bien à nous qu’à tous ceux qui vivent sous notre domination. Il nous est apparu que c’était un système très bon et très raisonnable de ne refuser à aucun de nos sujets, qu’il soit chrétien ou qu’il appartienne à un autre culte, le droit de suivre la religion qui lui convient le mieux. De cette manière, la Divinité suprême, que chacun de nous honorera désormais librement, pourra nous accorder sa faveur et sa bienveillance accoutumées. Il convient donc que Votre Excellence* sache qu’à partir de ce moment, nous permettrons aux chrétiens de pratiquer leur religion, sans qu’ils puissent être inquiétés ou molestés d’aucune manière. Nous avons tenu à vous le faire connaître de la façon la plus précise, pour que vous n’ignoriez pas que nous laissons aux chrétiens la liberté la plus complète, la plus absolue, de pratiquer leur culte. Et puisque nous l’accordons aux chrétiens, Votre Excellence comprendra bien que les autres doivent posséder le même droit. "

*Ce texte est adressé aux gouverneurs de province.
Constantin et Licinius, Préambule de l’édit de Milan, 313

Après Constantin, les empereurs furent tous favorables au Christianisme à l’exception de Julien l’Apostat (361/363), qui tenta vainement de restaurer une religion païenne.

A la fin du IVe siècle, l’empereur Théodose interdit les sacrifices aux dieux païens en 391, supprima les Jeux Olympiques en 393. Les collèges de prêtres païens furent dissous, les temples fermés, les statues enlevées, et enfin les cultes interdits. Le Christianisme devint religion officielle de l’état romain.

L’interdiction du paganisme public ou privé par Théodose

" Que nul ne souille avec des victimes, que nul ne sacrifie un animal innocent, que nul n’entre dans les sanctuaires, ne fréquente les temples et n’adore des statues façonnées de main d’homme, sous peine de se rendre passible de sanctions divines et humaines. "

Édit de Milan, 391

 
" Que personne absolument, quel que soit son rang dans les dignités humaines, […] qu’il soit puissant par le hasard de la naissance ou modeste par le sort de sa condition, en aucun lieu retiré, en aucune ville, ne sacrifie une victime innocente à des statues dépourvues d’intelligence ni, par un sacrilège plus discret, adorant son dieu lare* par du feu, son génie par du vin pur, ses pénates par du parfum, n’allume des lampes, ne répande de l’encens, n’accroche des guirlandes.
Si quelqu’un a osé immoler une victime […], qu’il soit dénoncé. "
*Dieu protecteur du foyer, de la maison.

Édit de Constantinople, 392

 

La destruction de la statue de Sérapis à Alexandrie, en 391

" Une croyance avait été répandue par les païens eux-mêmes, à savoir que si une main humaine portait atteinte à cette statue, la terre serait désagrégée dans le chaos et soudainement le ciel s’effondrerait dans l’abîme. Cette croyance provoquait tout de même une sorte de crainte qui paralysait le peuple.
Mais voici que l’un des soldats, mieux protégé par sa foi que par ses armes, saisissant une hache à double tranchant, se dresse et, de toute sa force, frappe la mâchoire du Vieux*. Un cri est poussé par les deux communautés ; cependant ni le ciel ne s’écroule, ni la terre ne s’effondre. Il recommence encore et encore ; le génie enfumé de bois pourri tombe en morceaux et, jeté au feu, brûle aussi facilement que du bois sec. Après quoi, on traîne la tête, […] on démantèle la statue en coupant les pieds et les autres membres à la hache et en les traînant avec des cordes, et le vieil endormi est brûlé par morceaux en divers lieux. […] Pour finir, le tronc qui avait survécu est brûlé dans l’amphithéâtre. "

*Sérapis, représenté sous les traits d’un homme mûr et barbu.

Rufin d’Aquilée, Histoire ecclésiastique, XI, XXIII, début du Ve siècle.

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